Origine, Histoire et Répartition des Phlomis
Le genre Phlomis appartient à la famille des Lamiacées, une famille botanique majeure regroupant de nombreuses plantes aromatiques et ornementales bien connues des jardiniers, telles que les sauges (Salvia), les lavandes (Lavandula), les thyms (Thymus), les romarins (Rosmarinus) ou encore les népétas (Nepeta). Comme l’ensemble des Lamiacées, les Phlomis partagent plusieurs caractéristiques communes à cette famille, qui expliquent leur excellente adaptation aux conditions sèches et ensoleillées.
Les Phlomis sont principalement originaires des régions méditerranéennes et du Proche-Orient, avec une aire de répartition naturelle s’étendant de l’Europe du Sud jusqu’à l’Asie occidentale, en passant par l’Afrique du Nord. On rencontre ainsi de nombreuses espèces spontanées en Espagne, en Italie, en Grèce et en Turquie, mais aussi dans les zones montagneuses et semi-arides du Caucase et du Moyen-Orient. Cette origine géographique explique leur remarquable tolérance aux climats chauds, aux étés secs et aux sols pauvres, drainants ou caillouteux.
Le genre Phlomis comprend aussi bien des plantes vivaces herbacées que des sous-arbrisseaux persistants, souvent désignés sous le nom de « sauges de Jérusalem », bien qu’ils n’entretiennent aucun lien botanique direct avec les véritables sauges du genre Salvia. Le nom Phlomis trouve son origine dans le grec ancien phlómos, terme utilisé dès l’Antiquité pour désigner certaines plantes à feuillage duveteux, parfois employées comme mèches pour les lampes à huile. Cette étymologie met en évidence l’un des caractères emblématiques du genre : un feuillage souvent velouté ou laineux, parfaitement adapté à la limitation de l’évaporation en milieu aride.
Historiquement, certaines espèces de Phlomis ont été utilisées dans les jardins monastiques et médicinaux, notamment pour leurs usages traditionnels en infusion ou en médecine populaire. Toutefois, c’est surtout à partir du XIXᵉ siècle que les Phlomis sont progressivement introduites dans les jardins européens pour leur valeur ornementale. Elles trouvent alors naturellement leur place dans les jardins secs, méditerranéens et naturalistes, où leur longévité et leur robustesse sont particulièrement appréciées.
Aujourd’hui, les Phlomis sont largement cultivées dans de nombreux pays au climat tempéré à méditerranéen. Peu exigeantes en entretien, elles sont recherchées pour leur résistance à la sécheresse, leur port graphique et leur floraison originale en verticilles, qui apporte structure et caractère aux massifs tout au long de la saison.
Description botanique du genre Phlomis
Les Phlomis sont des plantes appartenant à la famille des Lamiacées, dont elles présentent les caractères botaniques typiques, notamment des tiges quadrangulaires, un feuillage opposé et une floraison organisée en verticilles.
Selon les espèces, le genre regroupe des plantes vivaces herbacées caduques ou semi-persistantes, ainsi que des sous-arbrisseaux persistants à base ligneuse.
Morphologie générale : port, tiges et feuillage
Les Phlomis présentent un port dressé à étalé, formant des touffes bien structurées, parfois larges et imposantes avec l’âge. Les tiges, robustes et souvent rigides, sont quadrangulaires, caractéristique typique des Lamiacées, et peuvent être pubescentes à tomenteuses, c’est-à-dire couvertes de poils plus ou moins denses, conférant à la plante un aspect velouté. Chez les espèces sous-arbustives, la base des tiges tend à se lignifier au fil des années.
Le feuillage des Phlomis est opposé, simple, et varie selon les espèces de lancéolé à ovale, parfois légèrement cordiforme à la base. Les feuilles, souvent vert gris à vert argenté, sont couvertes d’une pubescence dense qui limite l’évaporation et protège du rayonnement solaire, adaptation essentielle aux climats secs. Selon les espèces et les conditions climatiques, les feuilles peuvent être persistantes, semi-persistantes ou caduques, contribuant à l’intérêt décoratif de la plante tout au long de l’année.
Inflorescences et fleurs
La floraison constitue l’un des principaux attraits ornementaux du genre. Les fleurs sont regroupées en verticilles superposés (c’est-à-dire des groupes de fleurs disposés en cercle autour de la tige au même niveau) le long des tiges florales, formant des étages bien marqués qui donnent aux Phlomis leur silhouette architecturale caractéristique. Chaque fleur est zygomorphe (c’est-à-dire symétrique selon un seul plan, avec une corolle à deux lèvres, typique des Lamiacées), ce qui crée un aspect orienté et facilite la pollinisation par les insectes.
Les verticilles, chez les Phlomis, sont particulièrement visibles et distincts, souvent espacés par des segments de tige nus, créant une structure en étages très graphique. Cette disposition favorise non seulement un effet ornemental net, mais elle permet aussi aux pollinisateurs, tels que les abeilles et les bourdons, d’accéder facilement à chaque étage de fleurs.
La zygomorphie des fleurs implique que les insectes doivent se positionner de manière précise pour atteindre le nectar, ce qui assure une pollinisation efficace et ciblée. Les fleurs du genre Phlomis sont ainsi parfaitement adaptées aux pollinisateurs spécialisés, tout en offrant une floraison décorative durable.
Les coloris varient principalement du jaune pâle au jaune soutenu, parfois rosé, mauve ou pourpré selon les espèces. Les bractées, souvent persistantes et parfois teintées, prolongent l’intérêt décoratif de la plante bien après la floraison.
Système racinaire
Les Phlomis possèdent un système racinaire puissant, généralement profond et bien ancré, qui leur permet d’exploiter l’humidité en profondeur et de résister efficacement aux périodes de sécheresse. Chez les espèces vivaces, les racines peuvent être épaisses et charnues, assurant une bonne pérennité de la touffe au fil des années. Cette structure racinaire explique également leur préférence pour les sols drainants et leur faible tolérance aux excès d’humidité stagnante.
Leur système racinaire contribue aussi à stabiliser la plante dans les sols rocailleux ou semi-arides, rendant les Phlomis particulièrement adaptées aux jardins secs et méditerranéens, où elles peuvent se développer durablement avec un minimum d’entretien.
Usages paysagers et inspirations de compositions
Grâce à leur port structuré, leur floraison graphique et leur feuillage texturé, les Phlomis offrent de nombreuses possibilités en jardin. Que ce soit pour créer des points focaux, animer des massifs ou structurer des espaces plus vastes, ces plantes apportent volume, couleur et rythme tout au long de la saison, tout en restant faciles à vivre.
Massif ensoleillé et sec : une ambiance graphique et lumineuse
Dans ce massif ensoleillé et sec, les Phlomis occupent le rôle central avec leur feuillage velouté et leurs verticilles jaunes, apportant structure et verticalité. Les Achillea illuminent le massif par leurs bouquets colorés et légers, tandis que les Echinops ajoutent un élément graphique grâce à leurs globes bleus. Le Ceratostigma apporte un contraste bleu intense, et les Allium ponctuent la scène de formes architecturales.
Les graminées, Calamagrostiset Stipa, introduisent mouvement et légèreté, tandis que les Geranium et Centranthus complètent la palette avec des touches florales aériennes.
Ce massif combine structure, mouvement et floraison longue durée, créant un ensemble harmonieux et vivant, parfaitement adapté à un soleil généreux et un sol bien drainé.
Jardin minéral structuré : verticalité et graphisme
Dans ce jardin minéral, les Phlomis occupent le rôle central avec leur feuillage dense et leurs verticilles jaunes, qui structurent le massif et attirent le regard. À l’arrière, les Perovskia apportent une verticalité légère et fleurie, tandis que l’Eragrostis ajoute du volume et du mouvement aérien, ponctué par les touches hautes et légères de Gaura lindheimeri.
Au centre, les Agapanthus se détachent par leurs grandes hampes florales globuleuses, accompagnés des Veronica longifolia, aux colonnes fines et verticales, et de la Verbena, qui rythme le massif par sa floraison aérienne et légère. Les Pennisetum alopecuroides apportent un mouvement souple, reliant visuellement le centre à l’arrière.
En avant-plan, les Salvia nemorosa déploient leurs tiges florales rigides, tandis que les Festuca glauca forment de petites boules bleutées et que les Rudbeckia ponctuent le massif de touches colorées visibles et nettes.
L’ensemble crée un massif graphique et structuré, où chaque plante contribue à volume, mouvement et touches de couleur, parfaitement intégré à un environnement minéral avec pierres et murets.